La violence contre les médecins en augmentation en 2009

Selon l’Observatoire de la sécurité des médecins, il y a eu 512 incidents signalés en France contre des médecins en 2009. Si ce chiffre est stable, on note une hausse inquiétante des agressions physiques et verbales.

16 % d’agressions physiques en 2009 (contre 11 % en 2008), 54 % des incidents constitués par des agressions verbales, au plus haut depuis 2003… A l’instar de ce qu’il se passe dans la société en général, les violences physiques affectent davantage de médecins, le plus souvent généralistes (62 %), selon le rapport 2009 de l’Observatoire de la sécurité des médecins , réalisé par Ipsos et publié ce jour sur le site de l’Ordre de Médecins.La Seine-Saint-Denis, département actuellement le plus touché par la désertification médicale, est également toujours en tête du nombre de déclarations d’incidents concernant des médecins (54 des 512, soit plus de 10 %), devant le Val d’Oise (31), l’Isère et la Seine Maritime (26). Dans 10 % des cas, l’incident signalé par le médecin a occasionné une interruption temporaire de travail, pour lui-même ou pour une personne travaillant avec lui.Si un quart des médecins interrogés ne savent pas quelle a été la motivation du patient à déclencher un incident, 11 % la lient à “un temps d’attente jugé excessif“(9 % en 2008). Les autres motifs invoqués ? “Un reproche relatif à un traitement“ (10 % des cas), “Une tentative de vol, un vol“ (7 %), “Un refus de prescription“ (6 %), “Refus de certificat médical / D’arrêt de travail“ (5 %).Seul un tiers (35 %) de ces incidents donne lieu à un dépôt de plainte, et seulement 11 % des médecins victimes de ces agressions portent plainte avec constitution de partie civile. Le Conseil de l’Ordre des Médecins rappelle qu’il s’agit pourtant d’une démarche à effectuer afin de “veiller aux conditions d’exercice des médecins“ et de “préserver la mise en oeuvre des dispositions légales prévues“.

Ce rapport confirme donc la persistance, voire l’augmentation, des conduites violentes envers des professionnels de santé, majoritairement libéraux, qui ne font pourtant que tenter d’assurer un accès aux soins de qualité pour tous. Or cet accès est actuellement malheureusement menacé, comme le souligne le Conseil de l’Ordre, qui s’inquiète de l’impact possible de ces incidents violents sur la “crise démographique“ actuelle. Le syndicat MG France

rappelait en effet début mars que seul un médecin généraliste sur 10 partant à la retraite est actuellement effectivement remplacé, ce qui majore les déserts médicaux et fait redouter une pénurie majeure dans les années qui viennent si rien n’est fait.Ce phénomène inquiétant de désertification progressive, couplé à la hausse des violences et à la mise en place délicate de la réorganisation territoriale de la médecine hospitalière et libérale votée dans le cadre de la loi HPST, donne une idée de l’ampleur de la réflexion et des éventuelles réformes à mettre en place afin d’améliorer la situation. Nicolas Sarkozy s’est cependant montré résolu, le 24 mars à l’issue du Conseil des ministres, à engager “une grande concertation pour déterminer comment les difficultés [de la médecine de proximité] peuvent être résolues de façon structurelle“, ce qui pourrait peut-être permettre une mise à plat constructive des problèmes rencontrés aujourd’hui par les médecins français dans leur exercice quotidien. Jean-Philippe Rivière
Sources :
– “Observatoire de la sécurité des médecins 2009 : une aggravation des actes de violence à l’égard des médecins“, Ordre des Médecins, 31 mars 2010,

accessible en ligne – “ Déclaration de M. le Président de la République“, Palais de l’Élysée, 24 mars 2010,

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