Santé en Europe : quelle est la place de la France ?

Chaque année, l’OCDE publie un “panorama de la santé en Europe“. Ce pavé de 144 pages en anglais dresse un panorama complet de nombreux paramètres sanitaires en Europe: mortalité par cancer, espérance de vie à la naissance, suicide, consommation d’alcool, de fruits et légumes, d’antibiotiques… Découvrez les principaux résultats ainsi qu’un zoom au niveau national.

La consommation d'antibiotiques en France est de 28,7 doses quotidiennes définies pour 1.000 habitants, contre 20,4 en moyenne en Europe.

 D’importantes disparités au sein de l’EuropeLa plupart des Européens ont aujourd’hui une espérance de vie bien plus longue que celle de la génération précédente, mais d’importantes inégalités demeurent d’un pays à l’autre et dans un même pays.La France figure parmi les pays où l’on vit le plus longtemps avec une moyenne de 82,1 ans pour les deux sexes, juste derrière l’Espagne (82,5 ans) et l’Italie (82,4 ans). Les moins bien lotis sont la Lituanie et la Lettonie avec une espérance de vie de 74,1 ans. Dans le détail, l’espérance de vie des femmes reste supérieure à celle des hommes mais cet écart tend à se réduire (7,2 ans d’écart en 1990 contre 6,1 en 2012). En France, les femmes vivent en moyenne 6,7 ans de plus que les hommes (85,4 ans contre 78,7 ans).Selon le rapport de l’OCDE, ces disparités sont en grande partie liées à des disparités dans l’accès aux soins et la qualité des soins, ainsi qu’aux modes de vie et aux comportements des individus. Dans tous les pays de l’UE, les personnes ayant un niveau d’instruction élevé vivent généralement plusieurs années de plus et en meilleure santé que celles qui ont un moins bon niveau d’études. C’est particulièrement le cas en Europe centrale et orientale.Un accès aux soins préservé malgré la criseLe rapport souligne également que :

  • La crise a eu un impact mitigé sur la santé et la mortalité : s’ils ont augmenté au début de la crise, les taux de suicide ont retrouvé leurs niveaux d’avant la crise dans la plupart des pays ces dernières années. La mortalité routière et l’exposition à la pollution atmosphérique ont reculé après la crise économique, bien que les niveaux de certains polluants atmosphériques semblent repartir à la hausse depuis quelques années.
  • Entre 2009 et 2012, les dépenses de santé ont baissé de 0.6 % par an sur cette période alors qu’elles avaient enregistré une croissance annuelle de 4.7 % entre 2000 et 2009. Une tendance que l’OCDE explique par une réduction de la main d’œuvre et des salaires dans le secteur de la santé, une diminution des honoraires versés aux prestataires de soins, une baisse des prix pour les médicaments et une participation accrue des patients aux frais.
  • En moyenne dans les pays de l’UE, la densité de médecins est passée de 2.9 médecins pour 1 000 habitants en 2000 à 3.4 en 2012. Quel que soit le pays, la densité de médecins est plus importante dans les régions urbaines que dans les régions rurales, qui souffrent de plus en plus de pénuries.

La France est vice-championne en termes de dépenses hospitalièresMalgré des efforts pour développer des modes de prise en charge moins coûteux, la France est le deuxième pays européen pour l’importance de ses dépenses hospitalières dans les dépenses totales de santé derrière la Grèce. En France, les dépenses hospitalières représentent 38 % des dépenses totales de santé contre 31 % en moyenne en Europe et 29% en Allemagne. Les dépenses hospitalières représentent 4,4 % du produit intérieur brut (PIB) en 2012.Néanmoins, le rapport juge que “la forte croissance de la chirurgie ambulatoire sur certains soins et la volonté affichée par la France de prolonger cet effort pourrait contribuer à réguler le poids des dépenses hospitalières“.Des dépenses pharmaceutiques élevées mais dont l’évolution est modérée Les dépenses pharmaceutiques représentent en moyenne 1,8% du PIB en France, contre 1,5% du PIB dans les pays européens. La France est quatrième pour la dépense pharmaceutique par tête, notamment derrière l’Allemagne, avec une dépense de 469 euros par an contre 350 euros en moyenne en Europe. Globalement la dépense pharmaceutique reste également élevée en France “malgré son évolution modérée voire négative ces dernières années“ grâce au développement des génériques et à une “politique volontariste de maîtrise des dépenses“. Ainsi entre 2000 et 2009, la dépense pharmaceutique par tête a augmenté de 1,7% en moyenne en France contre 3,7% en Europe. Par ailleurs, si la France présentait la plus forte consommation d’anticholestérols européenne en volume en 2000 et la troisième plus forte consommation d’antidépresseurs, elle était passée en-dessous de la moyenne européenne pour la consommation de ces deux catégories de médicaments en 2012.La consommation d’anticholestérols est inférieure de 5% à la moyenne européenne et la consommation d’antidépresseurs inférieure de 11%.Une prescription d’antibiotiques jugée préoccupanteLa prescription d’antibiotiques en France est supérieure de 41% à la moyenne européenne et est “préoccupante“ car elle conduit à la prévalence de souches bactériennes résistantes, selon un rapport de l’OCDE publié mercredi. La France était en 2012 le quatrième plus gros prescripteur d’antibiotiques dans l’Europe des 27. La consommation d’antibiotiques y est de 28,7 doses quotidiennes définies pour 1.000 habitants, contre 20,4 en moyenne en Europe.

La France reste moins gourmande que la Grèce, où le volume total d’antibiotiques prescrits était de 35,1 doses par jour et pour 1.000 habitants, Chypre (32) et la Belgique (29). En revanche, en Allemagne les chiffres sont bien plus faibles (14,1 doses), comme au Royaume-Uni (18,8) ou encore aux Pays-Bas, pays le moins consommateur d’antibiotiques avec 11,4 doses quotidiennes pour 1.000 habitants. Or, “on observe une nette corrélation entre le volume d’antibiotiques prescrits localement et la prévalence de souches bactériennes résistantes“, s’alerte l’OCDE. Le gouvernement français vient de lancer une expérimentation de vente à l’unité dans les pharmacies d’une vingtaine d’antibiotiques. Le but est non seulement de lutter contre la surconsommation de médicaments, mais aussi de lutter contre l’abus d’antibiotiques afin de réduire les risques que la résistance aux antibiotiques se développe. David BêmeSource : Health at a Glance : Europe 2014 – OCDE – 3 décembre 2014 (

rapport accessible en ligne)Click Here: camiseta seleccion argentina

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