En plus du cancer du sein, le gène BRCA1 serait lié à Alzheimer

Des chercheurs américains ont découvert un lien étonnant entre BRCA1, une protéine qui lorsqu’elle est mutée peut prédisposer au cancer du sein et de l’ovaire, et la maladie d’Alzheimer. De faibles niveaux de cette protéine au niveau cérébral pourraient favoriser la survenue de démences.

Les niveaux de BRCA1 au niveau cérébral auraient un lien avec la survenue de la maladie d'Alzheimer.

Une mutation du gène BRCA 1, expose les femmes à un risque de 87 % de développer un cancer du sein (avec 30 % de risques de mortalité) et de 50 % un cancer de l’ovaire. C’est la prédisposition génétique qui a conduit Angelina Jolie à pratiquer une très médiatique

mastectomie préventive. Aujourd’hui, des chercheurs estiment que ce gène serait indirectement lié à la maladie d’Alzheimer.BRCA1, impliqué dans les mécanismes de réparation de l’ADNBRCA1 joue un rôle clé dans la réparation de l’ADN, notre code génétique. Pour rappel, l’ADN possède une structure en double hélice faite de deux brins, qui ressemble à une échelle torsadée. De temps en temps, une ou les deux des brins vont développer des erreurs, des cassures qui sont réparées par des protéines de réparation, dont BRCA1. Ce processus est essentiel pour la survie de la cellule : faute d’une bonne réparation de l’ADN, la cellule peut mourir.Dr Mucke, directeur de l’Institut Gladstone des maladies neurologiques et ses collègues soupçonnaient que des défauts dans les mécanismes de réparation de l’ADN pourraient contribuer au déclin cognitif dans la

maladie d’Alzheimer. Ils ont concentré leurs études sur les gènes BRCA1.Moins de BRCA1 au niveau cérébral chez les malades d’AlzheimerPour tester cette idée, les scientifiques ont expérimentalement réduit les niveaux de BRCA1 dans les neurones de souris. Ce qui a conduit à une accumulation de lésions de l’ADN, une diminution du nombre de neurones et des déficits dans les capacités d’apprentissage et de mémoire. Pour vérifier leur hypothèse, le groupe du Dr Mucke a examiné les cerveaux de patients décédés avec la maladie d’Alzheimer, ils ont découvert de faibles niveaux de BRCA1.“Il est extrêmement intéressant de noter qu’une molécule peut être impliquée dans deux conditions apparemment contradictoires : le cancer caractérisé par la multiplication anarchique d’un trop grand nombre de cellules et les maladies neurodégénératives, dans lequel trop de cellules du cerveau meurent“, déclare le Dr. Lennart Mucke et le professeur Joseph B. Martin.Les protéines beta-amyloïdes réduiraient les niveaux de BRCA1La maladie d’Alzheimer se caractérise par l’accumulation d’un fragment de protéine connue sous le nom de bêta-amyloïde, qui est toxique pour les cellules du cerveau et peut conduire à la mort neuronale. L’équipe du Dr Mucke a découvert que l’ajout de bêta-amyloïde dans des neurones en culture abaissait les niveaux de BRCA1.Selon ces chercheurs, l’accumulation de bêta-amyloïde (par plaques) réduit les niveaux de BRCA1, ce qui augmenterait les dégâts au niveau de l’ADN des neurones et contribuerait alors à la survenue de la maladie.Les porteurs de mutation BRCA1 plus à risque d’Alzheimer ?Est-ce que cela suggère que les personnes ayant une prédisposition au cancer du sein (BRCA1 muté) ont plus de risque de développer la maladie d’Alzheimer ? Pas forcément. D’une part, aucune étude n’a jusqu’alors évoqué un tel lien (même si le fait d’avoir eu un cancer a pu de fait les exclure des études sur Alzheimer). D’autre part, BRCA1 n’a pas la même importance dans les mécanismes de réparation au niveau de tous les organes (sa mutation est ainsi liée aux cancers du sein et de l’ovaire, et non à tous les cancers) et cette étude est la première à souligner son possible rôle au niveau cérébral.Ces résultats devront être confirmés par d’autres équipes. Néanmoins, les connexions entre les mutations BRCA1 et la survenue de maladie d’Alzheimer mériteraient d’être plus explorées, à la lumière de ces premiers résultats. Selon Lennart Mucke, “le rôle de BRCA1 dans le cerveau doit encore être pleinement élucidé, mais nos résultats suggèrent qu’il peut jouer un rôle important au niveau du fonctionnement du cerveau qu’il soit en bonne santé ou malade“.“La manipulation thérapeutique des facteurs de réparation, comme BRCA1, pourrait finalement être utilisée pour prévenir les dommages et le déclin cognitifs chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer ou les personnes à risque de la développer“, explique Lennart Mucke. “En normalisant les niveaux ou la fonction de BRCA1, il serait peut-être demain possible de protéger les neurones contre les dommages excessifs de l’ADN et empêcher ses nombreux conséquences“. Une vision néanmoins très optimiste basée sur des résultats très préliminaires… face à une maladie encore incurable.David BêmeSource : DNA repair factor BRCA1 depletion occurs in Alzheimer brains and impairs cognitive function in mice – Elsa Suberbielle et al. – Nature Communications 6, Article number: 8897 (

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